Frederique Vezina

C’est cru, même pas encore sur le feu, mais ça bouillonne.

Qu’est-ce qui se passe?

C’est la question que je me suis posée après la 1ère Coupe Canada à Rossland, en Colombie-Britannique en décembre dernier alors que je finissais la course, à bout de souffle et d’énergie, avec beaucoup de minutes de retard sur mes principales rivales.

Pourtant je récupérais bien, du moins je dormais bien. L’entraînement allait bon train bien que ma forme variait telle une montagne russe avec ses hauts et ses bas. Puis j’ai ajusté mon entraînement, afin qu’il soit le plus optimal possible.

La semaine suivante, en m’étirant tranquillement, je me suis blessée à nouveau* au dos juste avant les dernières Coupe Canada, qui servaient aussi de sélection pour les mondiaux U23 et les Jeux du Canada. Et quand je dis blessée, c’est que de marcher pour les 3 jours qui ont suivi a été difficile. Les muscles dans mon dos voulaient absolument que je me repose et c’est ce que j’ai fait : je n’ai pas pris le départ de la Coupe à Silverstar. Pour que je prenne part à la course, logiquement, il aurait d’abord fallu que je sois capable d’attacher mes skis sans douleur, ce qui n’était définitivement pas le cas à ce moment-là.

Je suis tout de même revenue à la maison le 21 décembre comme prévu. S’en est suivi des rendez-vous avec mon médecin, mon ostéopathe et ma physiothérapeute. Mon dos appelait à l’aide, du moins c’est ce que je croyais. Parce que mon médecin m’a aussi diagnostiquée une sinusite : une infection des sinus. Apparemment dans l’ouest je n’avais pas mal à la tête à cause de l’altitude… Celle-là je ne l’avais pas venue venir, malgré qu’elle expliquait certains écarts, résultat : antibiotique pendant 10 jours, et du repos, encore, en perspective.

J’ai passé un super temps des fêtes, à la maison, bien entourée de ma famille, mon copain et mes amis. On a eu bien du plaisir, et d’être chez moi a fait beaucoup de bien. Je suis vraiment chanceuse d’être aussi bien soutenue, comprise, aimée, encouragée, inspirée et motivée par ces personnes incroyables. Merci d’être là!

Je suis certaine que toute l’énergie positive qu’il y avait autour de moi a permis à mon dos de récupérer plus rapidement puisqu’il se porte très bien depuis. J’ai donc pu profiter de belles conditions de ski au Mont-Sainte-Anne comme à l’habitude.

Mais mon corps déjà affaibli n’a pas réussi à reprendre le dessus et je me retrouvais avec une 2e sinusite une semaine plus tard. Cette fois, les effets secondaires se sont bel et bien faits ressentir. Les antibiotiques ne faisaient pas effet. C’est à ce moment-là que j’ai soupçonné avoir quelques gènes résistants, un peu comme Superman, sans ses superpouvoirs par contre.

Superwoman était alors de retour chez le médecin (probablement la meilleure médecin au monde d’ailleurs) pour se faire prescrire un autre antibiotique, plus fort cette fois, 2 jours avant le départ vers Duntroon où se déroulaient les sélections pour les championnats du monde U23.

Je dois avouer qu’on ne m’a pas nécessairement recommandé de me lancer dans des courses étant donné l’état dans lequel j’étais. Mais ces courses-là allaient déterminer si j’irais au Kazakhstan représenter le Canada ou non, un rendez-vous pour lequel je me préparais depuis 8 mois, eh oui, 8 mois (!).

Alors j’y suis allée le tout pour le tout, la tête haute, tout de même avec un peu d’espoir. J’ai pris le départ du 15km skiathlon jeudi dernier, sans la préparation habituelle et adéquate puisque mes dernières intensités remontaient à 1 mois plus tôt.

Même en donnant mon 100% tout le long de la course (du moins ce qu’il en restait), je me suis vite fait larguée par le groupe de tête. Je me suis battue quand même pendant tout le 15km comme si j’y allais pour la victoire. Chaque seconde compte après tout. Et c’est dans ma nature de me défoncer au maximum.

Et ce qui devait arriver est arrivé. J’ai terminé beaucoup trop loin de mon objectif ce qui me rayait de la liste pour les championnats du monde.  Avec ma santé, il n’y avait plus d’espoir.

Après 8 mois de préparation pour ces courses-là (et toutes les années précédentes), voilà que mes objectifs s’envolaient au Kazakhstan sans moi et que je ne pouvais rien faire pour rectifier le tir.

Sauf modifier le plan de départ au complet avec mes coachs et changer l’objectif du top 15 pour les championnats du monde U23 à : un podium senior aux championnats canadiens au mois de mars.

OUCH! Méchant changement de cible!

Oui, j’ai remis en question toute mon existence dans le monde du ski. Oui, j’ai pleuré abondamment, j’ai même braillé, ce qui est tout à fait normal. Disons que j’en avais mon tas des malchances sans compter celles des dernières années.

Puis, j’ai vu ces épreuves comme une autre opportunité pour forger mon caractère, pour me relever face à un autre réel, et difficile, défi. Je ne suis pas une fille qui abandonne facilement. J’ai une sacrée tête dure (demandez à mes proches). Ce n’est pas vrai qu’une série de mésaventures allait encore m’empêcher de réaliser mon plein potentiel. J’ai 20 ans, et je sais que je peux aller vite en ski. Mes coachs, ma famille et mes vrais amis le savent aussi. Ce n’est qu’une question de temps et de patience. Encore une fois j’ai eu un support chaleureux de mes proches et de mes coachs. Merci à ceux qui étaient là pour moi, mon frère en particulier, ma famille, mon copain et mes amis, même à distance, parce que j’en avais grandement de besoin.

Peut-être aussi que mon corps essayait de me parler depuis longtemps et qu’il a besoin de repos. Je vais l’écouter. Et je vais me réessayer à courser une fois en santé.

Je vais prendre ma revanche.

Un sage a déjà dit : on qualifie un vrai champion par le nombre de fois qu’il se relève devant les obstacles et non par le nombre de médailles qu’il a au cou.

Je n’écris pas ça pour me justifier, encore moins pour que l’on me prenne en pitié ou pour être négative. J’écris ça pour décrire ce qui s’est passé et pour qu’on comprenne mieux, c’est tout. Parce que selon moi, être négatif n’améliorera absolument rien dans la vie, bien au contraire, et me faire prendre en pitié ne me mènera pas bien bien plus loin non plus.

J’ai aussi décidé d’être joyeuse au lieu de m’apitoyer sur mon sort et d’être de mauvaise humeur. On m’a demandé pourquoi j’affichais un sourire rayonnant hier sur le site de compétition alors que je n’avais même pas pu prendre part aux 2 dernières courses de sélection. Parce qu’un sourire et le positivisme va me mener pas mal plus loin dans la vie et va me permettre de passer par-dessus des épreuves difficiles plus facilement, selon ma logique en tout cas. Il faut aussi dire que mon équipe a fait de sacrées bonnes courses et que j’étais particulièrement fière des résultats de courses de mon frère aussi. J’avais de bonnes raisons de sourire.

Aussi parce que je suis passionnée par ce que je fais et que je le fais pour les bonnes raisons : j’aime ça. Aussi simple que ça.

Et c’est pour ça que je me suis tout de même rendue au site de course, que je me suis rendue utile en allant encourager les skieurs, en testant des skis et en faisant le pied de grue sur le bord de la piste à «-8000» degrés Celsius comme dirait Numérobis (pour les fans d’Astérix et Cléopâtre), tenant des bâtons de «spare» au cas où quelqu’un en «pèterait» un. J’étais là.

Ce ne sont pas toutes les histoires qui ont une fin heureuse, j’en conviens, mais la mienne ne se termine pas ici, je vous le garanti. Je n’ai pas dit mon dernier mot.

#TeamFred

Frédérique

*Cet automne mon dos a flanché, en plein milieu d’une session de gym surveillée. J’ai donc dû prendre repos d’entraînement et faire une réhabilitation graduelle, pendant 1 mois, au mouvement de ski classique que je ne pouvais plus faire en raison de ma blessure.

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