Une autre étape de franchie

23 04 2013

Voici maintenant venue l’heure des bilans … Il y a longtemps que je ne vous ai donné de mes nouvelles, mais sachez que ce n’était pas par paresse, loin de là !

Les lignes qui suivent relatent ma saison 2012-2013, composée d’évènements inoubliables et d’expériences enrichissantes.

2012

Avril

Je suis en pleine période de repos « sportif ».  Je suis concentrée sur la fin de ma 2ième session au CEGEP, mais tout de même à l’affut des rencontres du comité haute performance de Ski de fond Canada qui sont en cours et au terme desquelles sera publiée la composition des centres nationaux de développement. C’est donc avec joie que j’apprends que je serai, pour une 3ième année consécutive, du nombre des athlètes du Centre national d’entraînement Pierre Harvey (CNEPH) et avec beaucoup de bonheur et de fierté que j’accueille ma nomination au sein de l’équipe nationale junior du Canada pour la saison 2012-2013.

Mai

C’est le temps de retourner à l’entraînement spécifique et de fraterniser avec les nouveaux membres du  CNEPH.  Au menu : meeting avec mon entraîneur, souper d’équipe, ski à roulette, course à pied, vélo et musculation.

Je vis ma première expérience sur le marché du travail, un emploi de «cook» à la station santé ZoneSpa.

Mi-juin

Je m’envole avec l’équipe du CNEPH pour un camp d’entraînement en France !!!!  On se joint à l’équipe française masculine pour une première semaine sur terrain sec à Prémanon suivie d’une semaine sur le glacier à Tignes.  Tout est parfait : hébergement, nourriture, température, des routes incroyables pour le ski à roulette, des conditions de neige extraordinaire pour ma première expérience de ski d’été et de nouvelles amitiés.

Entraînement d'équipe en ski à roulettes

Entraînement d’équipe en ski à roulettes

Juillet

Question de prolonger le plaisir de l’entraînement en haute montagne, je reste sur le vieux continent pour 2 semaines supplémentaires.  À l’horaire : quelques jours de camping dans le Sud de la France avec quelques coéquipiers du CNEPH et ma cousine qui est venue me rejoindre; on profite du passage du Tour de France à proximité de la maison où l’on demeure pour nous mêler à la foule en arborant fièrement l’unifolié … preuve à l’appui, nous voici sur une image de la diffusion télé de l’ascension du Col du Grand Colombier.

Tour de France 2012

Tour de France 2012

Rosalie, Fred, Camille, Alexis et moi dans le sud de la France

Avec Rosalie, Fred, Camille et Alexis dans le sud de la France

Août

Les séances d’entraînement s’enchaînent à vitesse grand V et je retourne sur les bancs d’école pour poursuivre ma formation académique :  maths, philo, français, anglais et physique occuperont désormais tous mes temps libres.

Septembre

L’automne commence à s’installer.  À la fin du mois, après quelques séances de ski à roulette sous la pluie, je m’envole de nouveau pour le camp d’entraînement annuel sur neige en Autriche.  Ça sent de plus en plus le début de la saison de compétitions.

Entraînement sur glacier avec le coach Godefroy

Entraînement sur glacier avec le coach Godefroy

Octobre et novembre

Au Québec, ces mois sont difficiles pour l’entraînement :  il fait froid, il vente et la neige tarde à arriver. On a de plus en plus hâte de sentir nos skis glisser sur la neige.  Malgré tout, on garde le cap car la saison débute sous peu, en Alberta.

Décembre

Première fin de semaine du mois, première série de courses et pas les moindres : les sélections pour les  Coupes du Monde qui auront lieu à Québec et à Canmore.  Je m’élance sur les parcours, profitant de cette belle expérience de me mesurer aux meilleures skieuses du pays qui tentent de se tailler une place sur l’équipe qui représentera le Canada lors de ces évènements.  À ma grande satisfaction, l’entraînement des derniers mois m’a été des plus bénéfiques : j’obtiens ma place sur l’équipe féminine et participe aux épreuves de distances de la Coupe du Monde à Canmore … je suis euphorique quand je traverse la ligne d’arrivée du 15 km skiathlon, au 3ième rang canadien et au 43ième rang mondial.

Je suis nommée, suite à un concours organisé par les producteurs de lait du Québec, ambassadrice du lait au chocolat.

Copyright: Normand Robert

Copyright: Normand Robert

Coupe du monde mass start 10km classique

Coupe du monde mass start 10km classique

Sélection pour les coupes du monde. Encouragement par le coach Lee Churchill

Sélection pour les coupes du monde. Encouragement par le coach Lee Churchill

Podium des sélections pour les coupes du monde avec Anne-Marie

Podium des sélections pour les coupes du monde avec Anne-Marie

2013

 

Janvier

Après un bref séjour de 2 semaines à la maison pour célébrer Noël, me voilà de nouveau sur la route, cette fois-ci à Thunder Bay, pour la sélection des championnats du monde juniors : l’objectif ultime de la saison.  C’est en remportant la victoire au 10km skiathlon, ma discipline de prédilection, que j’obtiens mon laissez-passer pour Liberec, en République Tchèque.

Je reviens à la maison et retourne me pointer le nez au CEGEP, pour quelques jours.

Sélection pour les championnats du monde, Thunder Bay

Fin janvier- début février

Suite à un camp préparatoire d’une semaine en Autriche,  je me retrouve à Liberec pour former, avec 4 coéquipières du Québec et de l’Alberta, l’équipe féminine canadienne des championnats mondiaux juniors.  Dès la première course, je suis impressionnée par la vitesse à laquelle skient les athlètes des pays scandinaves, de vraies machines!  À mon 3ième départ, le 10km skiathlon, je franchie la ligne d’arrivée à la très respectable 29ième place (1ère canadienne).

Ce voyage a été incroyable, autant pour les expériences que j’y ai vécues que par les liens d’amitié qui s’y sont tissés.

Avec Colin, Andy et Russell après le relais par équipe

Avec Colin, Andy et Russell après le relais par équipe

Équipe des filles des championnats du monde junior/U23

Équipe des filles des championnats du monde junior/U23

Février

Voyage de retour au Québec, je débarque à Montréal  où je rencontre l’équipe de promotion du lait au chocolat pour une séance de photos (qui peuvent être visionnées au lien www.laitauchocolat.com). Ensuite, direction Gatineau pour les championnats de l’Est du Canada.  Là, la fatigue du voyage en Europe se fait sentir… un repos bien mérité s’impose. Ça tombe bien, je dois retourner voir mes professeurs du CEGEP pour m’assurer qu’ils ne m’ont pas oubliée (!!)

3ième fin  de semaine de février, petit voyage éclair vers le Vermont, USA, pour une compétition du circuit universitaire américain.  J’ai bien récupéré et j’obtiens la première place de la catégorie junior.

Mars

Dernier droit avant les championnats canadiens.  J’en profite pour m’avancer dans mes études tout en poursuivant ma préparation physique.

J’arrive à Whistler le 20 mars, légèrement incommodée par une allergie quelconque.  J’ai les yeux gonflés, mais qu’à cela ne tienne, je porte des verres fumés et je prends le départ de la 1ière course où je termine 4ième junior.  Ça augure tout de même bien étant donné que je n’ai pas coursé depuis 1 mois. Mais voilà que le sort s’acharne.  On me diagnostique un streptocoque et je dois finalement me désister du dernier départ, le 20 km libre, pour lequel j’avais tant d’attentes.

Avril

Accompagnée de 5 autres athlètes du Québec et de l’Ontario, je m’envole vers Lake Tahoe en Californie pour participer aux dernières compétitions du circuit américain.  Quel endroit magnifique !  Pratiquement l’été au bord du lac et de la neige en quantité à moins de 30 minutes de route.

Malgré les antibiotiques, j’ai bon espoir que la forme sera au rendez-vous pour affronter les meilleures skieuses américaines.  À mon 1ier départ, force  est d’admettre que les médicaments affectent mes capacités, mais je ne m’avoue pas vaincue. Cependant, le départ suivant met en évidence que mon corps combat plus que la piste de ski. Finalement, une réaction aux antibiotiques aura le dessus sur la fin de ma saison.

Ambassadrice d'un évènement Fast and Female à Whistler avec plus de 100 jeunes filles

Ambassadrice d’un évènement Fast and Female à Whistler avec plus de 100 jeunes filles

Avec Jimmy, Simon, Camille, Thomas et Anne-Marie au Lac Tahoe pour les Spring Series

Je suis présentement de retour à la maison.  Je profite de ma pause de fin de saison pour me concentrer à terminer ma 4ième  session d’études collégiales.

Je profiterai aussi de cette pause pour aller visiter les jeunes filles du club de ski de Kuujjuak avec mon amie Camille Pépin, ma partenaire dans ce beau projet, pour un évènement Fast and Female.

Par ce qui précède, j’ai voulu vous exprimer à quel point je considère avoir vécu une saison incroyable, voire inoubliable.

Je suis reconnaissante à tous ceux qui me supportent dans cette magnifique aventure, dont :

mes fidèles et généreux commanditaires, Le Conseil du sport de haut niveau de Québec, les différentes fondations d’aide au sport amateur, mes parents qui m’aiment inconditionnellement, mon frère qui trouve toujours les mots justes pour me « botter le derrière », mes proches parents et amis que je ne vois malheureusement pas assez souvent, mes coéquipiers(ières) avec qui il est si agréable de voyager, mes entraîneurs qui croient en moi, les préparateurs physique qui m’encouragent à repousser mes limites, les techniciens qui me choisissent et me préparent de bons skis, mon médecin qui est toujours disponible et les professeurs qui s’ajustent aux contraintes de mes horaires.

Sans vous, tout ceci ne serait pas possible. Vous m’encouragez à poursuivre ma quête vers l’excellence sportive et académique.  Mais plus que tout, sans vous, je ne serais pas la jeune femme épanouie, passionnée et déterminée que je suis aujourd’hui.

Mille fois merci !

À bientôt !

Des petites capsules de ma saison 2013-2014 suivront …





La première fois

22 02 2013

Championnat de l'Est du Canada

par Pierre Shanks sur SkiPresse.

Il s’est passé ce jour-là quelque chose de spécial. C’était le dimanche des Championnats canadiens de l’Est au club Nakkertok à Gatineau, juste avant le 15 km féminin.

Personne n’a remarqué… à part l’entraîneur, Godefroy Bilodeau. Le coach. Rien ne lui échappe, à lui. Il voit tout, il «sent» ses athlètes, quand leur parler et quoi leur dire, quand s’en tenir loin et les laisser seuls…

Nous nous trouvions dans l’aire de départ, un couloir parallèle à celui de la ligne de départ, où les athlètes, après leur échauffement sur piste, attendent qu’on les appelle (poursuite, départ individuel ce jour-là). À cet endroit, les athlètes trottent, pôles aux mains, gardent les muscles au chaud, un survêtement par-dessus leurs combinaisons de course qui feraient bleuir de rage le maire de Toronto.

«Tiens, tiens, lâche Godefroy en détachant légèrement les yeux de mon regard, c’est intéressant ce que je vois là…» Le temps de me retourner, Frédérique Vézina et Anne-Marie Comeau sont ensemble et se parlent. «Je les ai jamais vues aussi ‘’proches’’ l’une de l’autre avant une course, ça va être intéressant.»

La veille, en entrevue, Anne-Marie avait indiqué qu’elle n’avait jamais eu à ce jour l’occasion de «travailler» avec Frédérique pendant une course, ni même de lui parler. «Pendant une course, c’est dur, tu veux pas déconcentrer l’autre. Mais si on pouvait s’aider, on le ferait.» Elle ne se doutait pas que la première fois surviendrait dès le lendemain!

En ce lendemain, c’est Frédérique qui a pris l’initiative. En bonne leader qu’elle est en train de devenir. «J’avais averti Fred en début de saison, de dire Godefroy. T’es pas folle, tu vois les performances. Fred, t’as des qualités naturelles de leader, c’est 99% positif ce que tu projettes, ton rôle est important. Elle m’a répondu : Oui, oui, je le sais!»

Le dimanche, donc, Frédérique raconte. «Anne-Marie et moi avons une bonne complicité et un bon esprit d’équipe. Quand on a vu qu’on partait proches l’une de l’autre, on a vu une belle opportunité de travailler ensemble. Alors au départ, je suis allée la voir et je lui ai dit: «On va aller chercher les autres filles en avant ensemble. Et elle a dit: “Oooh oui!” Sans même s’en être parlé, c’était dans ses plans comme dans les miens.»

ImageLe coach, lui, a vu la scène. «J’ai remarqué qu’elles étaient pas en train de se préparer individuellement comme d’habitude. Elles se soutiennent, mais pas tant que ça! Habituellement, juste avant la course, elles se disent 5-6 mots, échangent un petit sourire et continuent chacune de leur côté. Leur instinct premier, à cet âge-là, c’est d’aller à la guerre et de battre TOUTES les filles! Là, il s’est échangé de quoi. J’ai vu des filles qui avaient acquis un bagage, qui étaient une coche plus expérimentées qu’il y a trois mois. C’est très agréable comme feeling pour un coach!»

Et là, la course a commencé. Au début, l’attention était plutôt portée sur Anne-Marie,rapport à ses torpilles(!), mais on a rapidement constaté la collaboration entre les deux. Ayant fixé leur stratégie avant la course, elles savaient toutes les deux quoi faire.

«Pour moi, il n’était pas nécessaire qu’on s’encourage pendant la course, dit Anne-Marie. Mais juste le fait qu’on alternait, ça m’encourageait énormément et ça me donnait de l’énergie pour continuer.»

«Le travail d’équipe, c’est vraiment trippant, ajoute Fred. En s’entraînant la plupart du temps ensemble, on apprend comment l’autre réagit et ça fait en sorte que lors de situations de compétition, c’est plus facile de travailler ensemble et de bâtir une bonne vitesse.»

Godefroy, enthousiaste, suivait ça de près. «Ce qui était beau, c’est qu’on a là deux personnalités… fortes! Deux bonnes compétitrices. De les voir nouvellement collaborer comme ça, c’était beau, elles ont vu leur intérêt à travailler ensemble. Elles étaient comme deux aimants, deux + qui se collaient!»

Et ce n’est pas passé inaperçu. «Les gens savent qu’on a travaillé ensemble durant la course, dit Frédérique. Et je crois bien que même quelques filles ont eu peur de voir que les deux petites du mont Sainte-Anne allaient se monter ensemble pour aller chercher du terrain!»

À mi-chemin de la deuxième de trois boucles, Anne-Marie, dans une meilleure forme du jour, s’est détachée et a finalement franchi la ligne au 9e rang contre 11e pour Frédérique. Mais ce n’est pas le rang qui compte ici. C’est la complicité.

Bientôt, toutes les Justyna, les Marit et les Kikkan de ce monde vont tourner la tête en leur direction.

(À venir bientôt : «La deuxième fois!»)





Du gros mental

26 01 2013

Inoubliable? Non. Historique? Respirons par le nez. Prometteur? Mets-en.

Prometteur. Voilà le qualificatif accolé à la performance des athlètes canadiens, vendredi, aux Championnats du monde U23/jrs à Liberec, en République tchèque.

Raphaël Couturier et l’entraîneur Godefroy Bilodeau

Il y avait un skiathlon 10 km filles où elles commençaient par un 5 km en classique avant de changer de skis pour un dernier 5 km en pas de patin. Même chose chez les gars, mais sur 20 bornes.

Frédérique Vézina, du Centre national d’entraînement Pierre Harvey (CNEPH) a réussi la meilleure performance canadienne chez les filles, 29e, et Raphaël Couturier, aussi du CNEPH, meilleur canadien avec une 17e place.

Ce qu’il y a de prometteur là-dedans? Leur progression et la façon dont ils ont géré leur course. Dans les deux cas, la portion classique a été plus difficile. Ils ont encaissé du recul. Mais dans les deux cas, ils n’ont pas décroché. Ils ont augmenté en intensité dans la portion patin, à mesure que l’opposition se fatiguait. Ils en sont tous les deux à leur première participation à des mondiaux juniors, et ils ont montré leur caractère.

«Celle-là c’était ma course, a dit Fred. Je n’ai pas vraiment vu le temps passer durant la course parce que ça allait vite. Plus les tours passaient, mieux je me sentais.

«Mon dernier tour de skate a particulièrement bien été où j’ai rattrapé un bon peloton de filles dans la dernière montée. Mon corps réagissait de mieux en mieux plus la course avançait! Malgré qu’à 200 mètres de la fin une chute m’a fait perdre quelques positions, je suis somme toute satisfaite!»

Frédérique Vézina
Photo Marc Fiset

Le travail des farteurs Joel Knopff et Graham MacLean a encore une fois été louangé, vendredi. «On a une super belle équipe de coachs et de farteurs! a insisté Frédérique. On a eu des skis de bombe aujourd’hui!»

Raphaël aussi exultait après sa course. «J’ai eu une super course aujourd’hui! Je suis vraiment content du résultat (17/84). Ça reste quand même les Championnats du monde!

«J’ai définitivement gagné en expérience lors de ces Championnats et je vais revenir plus fort. Je suis resté très calme dans la première partie de la course pour ensuite aller gagner 7 positions dans la section de patin. Je m’en suis tenu au plan et tout a bien fonctionné!»

Par contre, son coéquipier et ami Alexis Turgeon, lui aussi un CNEPH, a été moins emballé par sa 56e place.

«Journée qui a commencé de façon difficile en classique, a-t-il avoué, mais meilleure partie en skate. Je pense que j’ai manqué mon réchauffement. Ma position est décevante, l’an passé j’étais 31e à cette même course… La forme s’en vient, la portion skate était bonne et les jambes étaient au rendez-vous. Il ne reste qu’à faire une bonne course au relais!

Dans les autres résultats canadiens, chez les garçons, David Palmer a fini 46e et Zeke Williams 59e. Et chez les filles, Anne-Marie Comeau (CNEPH) s’est classée 34e, Cendrine Browne (CNEPH), dont c’était moins la spécialité, 43e et Katherine Stewart-Jones 45e.

Les Russes sont très forts à ces Championnats. Vendredi, ils ont raflé cinq des six places sur les podiums.

Chez les séniors, où tout le monde atteint sa maturité physique, il y a l’entraînement et les pics de forme et tout et tout, mais une fois la course commencée, dans les épreuves de distance, là où ça demande de l’endurance, quand ça commence à faire vraiment mal, le combat mental prend une proportion gigantesque.

Ce qu’on a vu aujourd’hui de Raphaël Couturier et Frédérique Vézina est extrêmement encourageant.

Rien de plus, mais surtout rien de moins.

Crédits: Pierre Shanks





J’y arrive

15 01 2013

Au début du mois de mai dernier, je me suis attablée avec mon entraîneur pour mon meeting de début de saison. Ça semble faire une éternité tout cela.   Alors on s’est assis et on a jasé sérieux : objectifs pour la présente saison afin d’élaborer le meilleur programme d’entraînement dans le but de les atteindre. J’ai donc exprimé ce que je voulais réaliser dans la saison et confirmé que j’étais prête à faire les sacrifices nécessaires, parée à toute éventualité. J’ai été claire : Je veux aller vite, avoir de bonnes sensations et surtout obtenir ma place sur l’équipe des mondiaux juniors!

Je m’imaginais en course, souffrir et franchir la ligne d’arrivée exténuée, mais toujours avec le sourire parce que j’aime ce que je fais. À ce moment là, ce n’était qu’une projection; Je devais suivre un programme adapté pour moi sans toutefois savoir si mon corps réagirait comme prévu.

L’été puis l’automne passent et je fais tout ce que j’ai à faire.

Début décembre, je me présente sur la ligne de départ.  Je donne tout et ça donne un bon, voire un très bon résultat : à ma grande surprise, je fais mes premières Coupes du monde, dans la cour des grandes(!!!).

Début janvier, je dois être en forme et en santé afin d’assurer ma place pour les mondiaux.  Huit mois d’entraînement pour cette fin de semaine fatidique. Pas droit à l’erreur!  Jeudi le 3 janvier, je continue sur ma lancée et me qualifie, par la grande porte, pour les Championnats du monde junior. C’est avec des papillons au ventre que je franchie, en première place, la ligne d’arrivée du 10km skiathlon.  Mon laissez-passer était enfin assuré pour les championnats du monde en République Tchèque.

J’ai fait une préparation semblable les deux années précédentes dans le but d’atteindre ce même objectif. Pourtant, ce n’est que cette année que je réussi enfin à me hisser parmi l’élite canadienne. Quelle a été la grosse différence? C’est difficile à dire. J’ai grandi, appris et pris de la maturité, j’imagine! Quand on aime ce que l’on fait, il faut continuer à croire et à s’investir pour atteindre ce que l’on veut à tout prix.

Il faut seulement faire confiance aux gens qui ont notre réussite à cœur, rester patient et SURTOUT ne jamais lâcher et garder toujours nos objectifs en ligne de mire.

Car les sacrifices faits, le temps investit et la route empruntée vers ces réalisations sont remplis de belles expériences, de leçons de vie et de découvertes. C’est ce cheminement qui fait en sorte que des moments comme celui-là :

World juniors trials

deviennent inoubliables.

Vivez à fond chaque moment et rappelez-vous que les plus durs ne vous rendent que plus forts.

Je vous redonne des nouvelles d’ici peu. Je suis présentement en pré-camp avec l’équipe Jr/U23 à Ramsau en Autriche avant de traverser en République Tchèque pour les plus importantes courses de l’année.

À bientôt

Frédérique

P.S. La citation de la semaine :

‘’If you ask me what I came into this life to do, I will tell you: I came to live out loud. " – Emile Zola





CBC.ca | Quebec AM | Cross-country skiing in Nunavik

14 01 2013
Cross-country skiers Camille Pépin, Frédérique Vézina with Quebec AM host Susan Campbell.

Twenty-year-old Camille Pépin and 18-year-old Frédérique Vézina have been skiing for as long as they can remember. As competitive athletes, they hope one day to be Olympic cross-country skiers.

For a second year in a row, the two have spearheaded a special project called the Kujjuuaq Cross-Country Ski Club. Last year they raised $60 000 to pay for equipment, plane tickets and for a coach to live in Kuujjuaq from January to April. The goal is to show 15 girls and young women in the community how to wax their skis, groom trails and make it past the finish line.

You can follow their progress on their blogs, campepin.blogspot.ca andfrederiquevezina.com or on twitter @frederiquevez.

Listen back to Susan’s conversation with Pépin and Vézina, along with coach Catherine Dumont-Poirier and 12-year-old skier Qullik Tukkiapik in Kuujjuaq.

Credits: CBC.ca | Quebec AM | Cross-country skiing in Nunavik.





Saint-Ferréol, terre de champions

10 01 2013

Skiathlon

Par Pierre Shanks,

«Pierre, as-tu entendu parler de nos deux filles?»-Euh… vos filles?»

Attablés au café du centre national d’entraînement Pierre Harvey (CNEPH), au pied du mont Ste-Anne, tout juste après Noël, Louis Bouchard et moi échangeons lorsqu’il interrompt la conversation.

«Ces deux-là, Frédérique Vézina et Anne-Marie Comeau, sont la relève montante dans le ski de fond canadien. Tu devrais les voir aller!»

Louis Bouchard est l’un des entraîneurs de l’équipe canadienne masculine de ski de fond et entraîneur d’Alex Harvey, notre champion mondial québécois. Alex a une confiance illimitée en Louis et pour cause. Louis sait «spotter» le talent, comme on dit, le protéger, l’encadrer et le «monter», comme on dit aussi.

C’est lui qui a téléphoné à Frédérique Vézina il y a deux ans pour l’inviter à se joindre au CNEPH, dont il est également l’entraîneur-chef. «Mettons que j’avais le sourire gros comme ça quand j’ai reçu cet appel!» a dit plus tard Frédérique, en signant d’une oreille à l’autre avec son index.

Louis considérait que Frédérique était un beau projet pour le futur et l’a placée sous les bons soins de l’entraîneur Godefroy Bilodeau qui veille à son développement.

 Anne-Marie

Louis a aussi parlé d’Anne-Marie Comeau. Plus jeune que Frédérique, elle est toute nouvelle au CNEPH. À 16 ans seulement, son palmarès est encore plus éclatant que celui d’Alex au même âge, avec notamment une 18e place à sa première participation aux Championnats du monde juniors.

Et devinez quoi? Ce jeune phénomène vient de… Saint-Ferréol-les-Neiges, comme Alex!

«Frédérique Vézina, c’est la "cousine" d’Alex, rajoute Louis en faisant les guillemets avec ses doigts. Elle est faite dans le même moule. Et tu sais quoi? Son père, Jocelyn, était le coéquipier de Pierre (Harvey, le père d’Alex) dans les années ’80!» Eh bah! Vrai qu’elle aussi, Saint-Ferréol, comme la petite Comeau, mais pour le reste, vraiment? Je ne me peux plus!

Le lendemain, Frédérique était assise devant moi au même endroit. Dix-huit ans. Elle est apparue dans le radar en début de saison en se hissant top canadienne junior après une intersaison d’entraînement intensif. Elle a terminé 4e Canadienne à sa toute première course de la Coupe du monde à Canmore (10km classique) et 51e au général. Et comme elle avait encore faim, elle a suivi avec un 3e rang canadien deux jours plus tard au skiathlon 15km (43e place). Avec la crème mondiale moins Marit Bjoergen! Woot woot!

Allumée, les yeux pétillants.

Quand elle a commencé à me raconter son histoire, je croyais rêver. C’est comme si Alex me parlait! Je nous revoyais, sept ans plus tôt à notre toute première entrevue, assis sur le lit d’une chambre d’un motel d’Orford où il séjournait pour une compétition provinciale.

Même assurance tranquille, même confiance inébranlable, même maturité et surtout, ça dégage cette force mentale propre aux champions. Si Anne-Marie Comeau, que je n’ai pas encore eu l’occasion de rencontrer, en est une autre du même acabit, tenez bien vos tuques, le ski de fond féminin canadien va remonter à la surface, ça ne sera pas bien long.

Mais.

Mais je ne les ai pas (encore) vues courser (ça viendra début février). Et pour dresser un portrait précis il reste un point crucial, le plus important de tous dans ce sport impitoyable. La passion de la souffrance. Au-delà de sa technique parfaite, de sa génétique impressionnante, Alex Harvey se démarque par ses capacités absolument exceptionnelles de se nourrir de la souffrance. Nous verrons bien dans le cas de ces deux jeunes.

Louis Bouchard, entraîneur d’Alex Harvey, entraîneur-chef du CNEPH et entraîneur national, ne doute pas un instant des capacités de ses deux «protégées». Et ce n’est pas un bonhomme impulsif. Quand il a fait remarquer que pour les JO de Sotchi, l’équipe féminine canadienne sera composée de trois skieuses (NDLR : Chandra Crawford, Dasha Gaïazova et Perianne Jones), «mais on va en amener deux autres», je lui ai demandé tout de go, tu crois qu’une de tes deux filles pourrait créer la surprise? Il a pris le temps de faire défiler la compétition dans sa tête avant de répondre : «Oui, elles pourraient».

Mais ce serait une surprise.

 Arrivée coupe du monde

À un moment donné, donc, j’explique à Frédérique les choses ingrates de la vie. Même si tu ne causes pas cette surprise de te qualifier pour Sotchi, il faut pouvoir nous confier tes états d’âme. Tu seras déçue, mais gagne ou perd, les gens qui auront suivi ton cheminement voudront savoir comment tu te sens.

Là, soudainement, plus de pétillant dans les yeux. Disparu le sourire. Frédérique a rivé ses billes dans les miennes en lançant un regard de feu.

Elle a réfléchi un instant. «C’est pas grave, j’abandonnerais pas là. Il y aura 2018 ensuite.»

C’est là que j’ai su.

Après Pierre et Alex Harvey, Saint-Ferréol est en train de produire une autre championne.

Peut-être même deux.

N.B.: Cet article a été écrit fin décembre. Il y a eu depuis les sélections nationales en vue des mondiaux juniors. En plus de Frédérique et Anne-Marie (qualifiée même si elle n’a pu courser en raison d’une grippe), Cendrine Browne se rendra aussi en République tchèque après avoir fini première junior dans le 10 km pas de patin. À surveiller cette Browne, nous en reparlerons, tout comme les deux qualifiés chez les gars, Raphaël Couturier et Alexis Turgeon.

Pierre Shanks





Rocking in the West

31 12 2012

Fred-CanmoreWC

1er décembre 11:08:00

C’est le lancement de la saison. Premier sprint de l’année. Une cinquantaine de skieuse du pays s’échauffent à Canmore en Alberta pour 1.3km style libre. J’en connais une sur la ligne de départ qui a le sourire aux lèvres avec un objectif en tête : casser la glace pour la saison. Oui il y avait un enjeu, mais rendu sur la ligne de départ tout ce qu’elle avait en tête c’était de s’amuser, donner son maximum et se faire souffrir. Aucune pression. Un point trois kilomètres à 1400 mètres d’altitude sur le fameux parcours de Canmore. Ça ne s’annonçait pas facile. C’était elle, contre le parcours. À la fin de la journée au bout de la ligne d’arrivée il y a un spot pour la Coupe du Monde de Québec. Mais tout ça, ce n’est que du bonbon pour elle.

Elle est finalement partie. À l’heure, probablement, car dans l’excitation du moment c’est dur à dire. Elle a fait ce qu’elle avait à faire et en un rien de temps elle a traversé la ligne d’arrivée.  C’était dur pour elle de qualifier sa performance, mais une chose était sûre, elle avait tout donné. En 2012, les résultats des courses sont quasi instantanés. On voyait bien que notre coureuse était inquiète de voir son premier résultat de la saison puisqu’elle évitait tous les panneaux d’affichage… Les sprints n’étant pas sa force, elle ne s’attendait à rien mais espérait tout de même passer en quart de finale, soit finir dans les 30 premières.

Le sourire s’est réaffiché sur son visage lorsque son entraîneur l’a félicité pour sa 16e position chez les opens. L’opportunité d’aller compétionner le sprint à Québec s’est offert à elle, mais elle préférait attendre son résultat de la course du lendemain. Bref, la journée s’est terminée en beauté en terminant au 13e rang suite aux vagues– de loin son meilleur résultat à vie en sprint.

Podium sélection

2 décembre 10:47:00

Dix kilomètres classique au programme, départ individuel. Notre athlète est encore une fois tout sourire prête à attaquer les ‘murs’ du parcours. Aucune pression hormis celle qu’elle s’impose elle-même. Son objectif est simple : elle veut que son corps l’emporte sur le parcours, terminer la course la langue à terre et chauffer les fesses des plus vieilles. Un spot pour la Coupe du Monde de Canmore est tangible à l’arrivée. Encore une fois, que du gros bonbon. Avez-vous déjà vu quelqu’un sourire durant une course de sélection dans un des parcours les plus relevés du circuit de la coupe du monde? Cette journée-là ses coachs l’ont vu. Le plaisir qu’elle retirait à grimper les côtes frôlait la folie.

Elle traverse la ligne, morte de fatigue. Moins inquiète que la veille, elle consulte le tableau des résultats et entend l’annonceur dire : «Frédérique Vézina just crossed the finish line, she is currently in 1st place!». Il reste les gros noms à entrer encore. Et une fois la course terminée, son nom figure au 1er rang chez les juniors et au 6e rang chez les opens.

Sélection Lee

Deuxième course de l’année, meilleure performance en distance à vie après son incroyable résultat de la veille. En plus de tout ça, un GROS bonbon l’attend au bout de la ligne. Un beau laissez-passer pour deux courses de la Coupe du Monde qui avaient lieu deux semaines après.

WOOOOOOOOHOOOOOOO!

Elle a passée la semaine suivante à Silverstar où elle a profité de la neige abondante pour peaufiner sa préparation avant les World Cups. La fin de semaine avant, elle a participé à deux Coupes Canada. Toujours avec le sourire et la même attitude elle s’est méritée deux médailles d’or chez les juniors et deux 3e positions chez les seniors. Il n’y en a pas eu de facile, mais elle a bel et bien chauffé les fesses aux plus vieilles. La saison était définitivement bien débutée. Les courses de la fin de semaine précédente n’était pas qu’un coup de chance finalement, mais plutôt une bonne préparation pour les courses à venir.

Podium Silverstar

De retour à Canmore, cette fois, tous les rivaux de l’autre continent et les voisins du sud étaient déjà sur place prêts pour la deuxième coupe du monde au Canada (fin de semaine après les sprints en ville à Québec). Une toute autre ambiance que celle deux semaines plus tôt. Dossard officiel sur le dos, elle s’est entraînée avec les meilleurs au monde et les a enfin affrontés pour une première fois lors d’un 10 kilomètres classique. Le jeudi c’était une tout autre ‘game’ pour notre jeune athlète qui ne s’est pas laissée impressionnée par les caméras, la foule, les gros noms contre qui elle compétionnait et qui voyait son premier départ en coupe du monde comme : «Une course de plus, comme les autres, sur un parcours que je connais par cœur, seulement avec de nouvelles concurrentes qui sont un petit peu plus fortes qu’à l’habitude.» Elle a terminé sa première expérience au 4e rang canadien et 51e overall.

Classique mass start

Skiathlon

Arrivée coupe du monde

Elle partait à l’arrière complètement du peloton le dimanche suivant pour la dernière étape de la Coupe du Monde à Canmore et cette fois pour un 15 kilomètres skiathlon. Au départ, elle souriait, encore, et elle était impatiente de retourner s’amuser sur le parcours qui s’avérait encore plus difficile cette fois. Elle était excitée à l’idée de faire une course plus longue, les distances étant sa force. N’ayant pas froid aux yeux, elle s’est hissée parmi l’élite canadienne dès le départ. La course a été longue, difficile, mais surtout amusante. Près du plateau d’arrivée, la foule qui acclamait les athlètes identifiés aux couleurs du Canada lui donnait un surplus d’énergie et des frissons. Après avoir croisé le fil d’arrivée, la boisson de récupération brûlait dans sa gorge.  Un dernier regard vers le tableau des résultats avant de retourner à la maison après un mois dans l’ouest pour voir qu’elle termine 3e canadienne et 43e overall devant une championne olympique!

Je ne lis pas dans les pensées des gens et je n’espionne pas cette athlète dont je vous parle depuis presque 1000 mots.

Cette fille, c’est moi.

J’ai enclenché la saison avec le feu aux fesses!

Et je vous avertie, ce n’est qu’un début!

Après coupe du monde

Je m’envole demain pour les sélections pour les championnats du monde junior en Ontario. La forme est bonne et j’ai extrêmement hâte de faire les courses!!

Je vous laisse sur la citation du mois et je vous invite à aller à 52:52 voir mon arrivée du 15km skiathlon. De savoir que tous les fans du ski de fond au monde aient vu ça me donne des frissons. Des images qui sont de loin le plus beau souvenir de ma première expérience.

«Allow yourself to surprise yourself»








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