Frederique Vezina

Retour aux sources

Mon inspiration pour ce bout de papier (ou plutôt ce bout de web) me provient du film Ballerina (oui, oui, un film pour enfants) que j’ai visionné en février dernier. Ça fait longtemps que j’essaie d’écrire sur ce qui m’est passé par la tête en le visionnant, mais je ne savais pas par où commencer. Le film m’a fait réfléchir; j’imagine que j’attendais de trouver toutes mes réponses pour écrire un mot, mais avec le temps, je me suis rendue compte que dans bien des cas je n’ai pas besoin d’avoir toutes les réponses et que c’est correct de ne pas toutes les avoir aussi …

Pour faire bref, c’est l’histoire d’une jeune orpheline qui a de l’énergie à revendre et qui rêve de devenir danseuse. Pour réaliser son rêve, elle s’échappe de son orphelinat pour aller passer des auditions de ballet pour l’opéra de Paris. Beaucoup de choses essaient d’entraver son chemin, mais c’est à travers ces obstacles qu’elle forge son caractère et que son attitude change pour le meilleur. Je m’arrête là pour l’instant parce que je ne voudrais surtout pas voler le punch du film! 😉

L’attitude de certaines personnes et les politiques de l’opéra entre autres perturbent la jeune fille au point de nuire à l’atteinte de son objectif et c’est là que son histoire rejoint la mienne.

Encore cette année, je ne reçois pas de brevet de sport canada (variant de 13000 à 23000$) et ainsi je ne suis pas éligible pour le brevet provincial (6000$) ni pour d’autres grosses bourses qui requièrent le statut de brevet pour pouvoir simplement y appliquer. Cela veut dire que j’entame la saison avec des moyens financiers bien différents des autres filles qui ont pourtant les mêmes objectifs que moi, donc les mêmes dépenses.

Même si le manège se répète depuis 4 ans, cela ne m’a pas pour autant empêchée, au cours de ces années, de figurer parmi les meilleures canadiennes à 3 championnats du monde junior/U23, à participer à des coupes du monde et à récemment décrocher le titre de championne canadienne senior du 10km en plus de figurer au 4e rang des skieuses de distance du pays selon le système de classement de points de la fédération internationale de ski (FIS). Des résultats qui n’auraient pas pu se réaliser sans l’aide précieuse de mes fidèles commanditaires!

« L’important dans la vie, ce n’est pas le triomphe, mais le combat. L’essentiel n’est pas d’avoir vaincu, mais de s’être bien battu. » – Pierre de Coubertin

Je n’essaie pas de prouver quoi que ce soit ici, mais tant mieux si mon cheminement peut motiver de jeunes athlètes à ne pas baisser les bras. Je ne cherche pas non plus à me plaindre du système. Les choses sont telles qu’elles sont : le système enrichit les plus riches. C’est un fait et ça peut être frustrant.

« I’m not jealous or envious of any other woman, other than the woman I’m trying to become. She has everything I desire and I can’t wait to be her » - Meggan Roxanne

Dernièrement j’ai appris qu’on enverrait en première période de coupe du monde les mêmes filles que l’an passé, boycottant ainsi le processus de courses de sélection qui visait à donner la même chance à toutes les filles de participer... et vlan !

« Everything you are going through is preparing you for what you asked for »

La liste des déceptions s’allonge d’années en années tant au niveau du financement gouvernemental que des critères de sélection; et je ne suis pas la seule à être impactée. Je n’aime pas voir certains de mes coéquipiers vivre de telles situations non plus. Ces déceptions sont toutes autant de distractions avec lesquelles on doit dealer en tant qu’athlète.

« It’s the ones who are against you that believe in your power the most. »

Ces embuches peuvent être perçues comme des messages implicites qui incitent au découragement et à l’abandon alors que je persiste à croire que ce n’est pas le but que s’est donnée notre fédération sportive, que c’est plutôt tout le contraire. Ça peut devenir lourd car toutes sortes de questions fusent en soi quand on est confronté à autant de décisions politiques qui nous semblent non équitables, alors on fait quoi avec tout ça?

« Your goals don’t care about your problems » -Ebonee Davis

Personnellement je suis difficile à décourager, mais tout ça a quand même fini par me tomber sur les nerfs.  Je réalise par contre qu’en ce qui me concerne, cet état d’esprit a été une bonne chose car j’ai pris encore plus conscience à quel point ça valait la peine de me battre, sans quoi j’aurais probablement déjà abandonné. J’ai commencé à me sentir mieux par rapport à tout ça quand j’ai compris que je n’y pouvais rien. Toutes les choses que j’ai mentionnées plus haut sont hors de mon contrôle. Où j’ai du contrôle c’est sur la manière dont je réagis par rapport à ces situations. Parce que je n’ai pas d’énergie à perdre sur des aspects qui sont hors de mon contrôle, et que si je gaspille ma précieuse énergie là-dessus, je ne l’aurai plus pour ce dont j’ai vraiment du contrôle. C’est au moment où j’ai accepté ce que je ne pouvais pas contrôler et que je me suis concentrée sur ce qui est en mon pouvoir et sur ce que je veux vraiment qu’une infinité de possibilités s’est offerte à moi. Ça a été mon remède à toutes ces distractions.

« Self care is how you take your power back » -Lalah Delia

Lorsque qu’elle était confrontée à toutes sortes de distractions, et dans le but qu’elle se recentre sur elle-même et qu’elle se concentre sur ce dont elle a du pouvoir, la coach et mentor de la jeune fille de Ballerina lui demande : Pourquoi est-ce que tu danses? 

Et c’est là l’essence et le pouvoir de tout ce qui vient après. C’est le retour aux sources.

On a toujours la possibilité d’accepter ce qui nous arrive comme quelque chose faisant partie de nous ou simplement s’en dissocier et se rappeler à soi-même les vraies raisons pour lesquelles on fait ce que l’on fait. 

Ce qui distingue la danseuse des autres c’est sa passion, sa «drive» hors du commun, et sa confiance dans le but d’atteindre son rêve. Bien beau être un film pour enfant, il m’inspire pareil. « What’s wrong with being confident? »

Mini-moi

Pourquoi est-ce que je skie? Pourquoi est-ce que je m’entraîne aussi fort? Je n’ai pas de réponse exacte, qu’une esquisse, parce que la réponse se précise de plus en plus avec le temps et qu’elle se vit plus qu’elle se décrit.

Je skie parce que depuis que je suis toute petite je prends plaisir à jouer dehors et glisser sur la neige et que ce plaisir est toujours là aujourd’hui. Je skie parce que ça me permet de me sentir vivante, d’être moi-même, c’est une manière de m’exprimer. Je skie parce que ça me permet de découvrir qui je suis et que ça m’amène à repousser mes limites. Je skie parce que ça me fait peur, parce que ça me fait pleurer, parce que ça me fait sourire, parce que ça me rend heureuse et parce que j’aime ça malgré tous les défis et réussites/épreuves que je puisse rencontrer. Mais surtout je skie autant parce que j’ai comme but de performer et de me mesurer aux meilleures.

« You don’t always need a logical reason for doing everything in your life. Do it because you want to, because it’s fun, because it makes you happy. »

Ce retour aux sources est important et me permet de retrouver ma vraie motivation. Il y a des moments où c’est facile de se laisser distraire, mais cette introspection me permet de me ramener les deux pieds sur terre. On parle souvent à quel point c’est important de se donner des objectifs et je crois que c’est essentiel pour aider à focusser et suivre une ligne directrice. Se donner et identifier des objectifs, c’est la partie facile. Mes objectifs sont clairs pour moi, depuis le jour où je suis tombée amoureuse du ski.

La 2e étape c’est de se demander : Comment dois-je m’y prendre pour atteindre mes objectifs? Et là, la réponse est un peu plus complexe parce qu’il faut conjuguer tous les procédés d’entraînement de manière optimale et individuelle. Pour ça, je pose beaucoup de questions et je communique ce que je ressens physiquement et mentalement avec toute une équipe hautement qualifiée qui m’aide à repousser les limites de mon corps et de mon esprit. Mais la vraie question qui te sort réellement de ta zone de confort est celle-ci : dans quel état d’esprit est-ce que je veux vivre cette expérience vers la quête de mes objectifs ultimes? Je vous laisse réfléchir.

« You’re either going to live a life that you’re happy in or a life that you had to settle into. It’s up to you » -Rachel Wolchin

La réponse vient du plus profond de soi, elle est différente d’une personne à l’autre, seul toi-même peut la découvrir. C’est là la partie la plus difficile. Il faut creuser et travailler sur soi.

Pour ma part, j’ai envie de me sentir légère et vivante chaque jour, de me sentir forte et avec la même énergie sans fond et la même vitalité que lorsque j’étais enfant; de rêver, d’avoir une imagination sans limite, de relever de nouveaux défis avec passion en restant toujours fidèle à moi-même; d’être aussi fonceuse et intrépide que lorsque je descendais les pistes de vélo de montagne le pied dans le fond quand j’avais 12 ans. J’ai envie de sourire, de faire sourire, de garder mon cœur d’enfant, de dire des niaiseries et taquiner mes coéquipiers en m’entraînant. Récemment j’ai été particulièrement inspirée par la gang du club Nordique Mont-Sainte-Anne qui ont l’air d’avoir du fun en titi, tout naturellement.

Club Nordique Mont-Sainte-Anne aux championnats Midget, 2006

Qu’est-ce qui m’empêche à me sentir comme ça chaque jour? Absolument rien. Dès lors, chacune de mes journées a une intention particulière.

«I’m allowed to be free, happy and choose the life that lights me up.»

L’idée c’est de garder ça simple et de choisir la formule et le moyen de m’entraîner qui me rend la plus heureuse possible; la manière que je préfère et en laquelle je vais avoir le plus de confiance vis-à-vis les choix que je fais chaque jour; c’est elle qui me permettra de mieux performer et mieux récupérer aussi. Elle est là la magie! C’est elle qui sera la raison pour laquelle je vais avoir envie de me lever chaque matin et d’enfiler mes shorts et ma camisole dans la canicule cet été. Il s’agit simplement de trouver ce qui fonctionne; ce qui fonctionne pour moi et non seulement ce qui fonctionne théoriquement, parce que chaque personne a des besoins différents.

«Don’t think. You already know what you have to do, and you know how to do it. What’s stopping you?» — Tim Grover

Depuis que j’ai réfléchi à tout ça, je me lève chaque matin avec un sourire, avec une intention définie et une infinité de possibilités.

C’est quoi ton intention, toi, aujourd’hui?

Je suis celle à droite avec la casquette à mon père (que mon frère porte probablement encore aujourd'hui), le manteau fait par ma mère et ma grand-mère et les lunettes mauves stylées pour compléter le look skieuse 1999! Ça revient à la mode en plus!


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